Accessibilité de « Mythes fondateurs, d’Hercule à Dark Vador »

Affiche de l'exposition« Un musée ouvert à tous,
c’est la devise du Louvre depuis 1793 !»

 

 

 

Michel Lo Monaco est depuis six ans chargé de programmation handicap au musée du Louvre.
Ce vendredi 16 octobre 2015, il participait à l’inauguration de la Petite Galerie du musée (aile Richelieu) avec l’exposition « Mythes fondateurs, d’Hercule à Dark Vador » (1).

Photo de Michel Lo Monaco
Michel Lo Monaco

 

 

 

 

 


J’imagine que la politique d’accessibilité au Louvre doit être déjà ancienne. Pouvez-vous nous décrire brièvement les grandes étapes de ce chantier ?

 
Les premiers éléments d’accessibilité ont d’abord concerné le handicap visuel, avec la création, en 1995, de la Galerie tactile. Très vite – et fidèle à la devise du Louvre depuis 1793 d’un « musée ouvert à tous » – nous avons eu le souhait de prendre en charge la totalité des publics. Ce qui est réalisé pour les personnes handicapées l’est d’ailleurs également pour d’autres publics empêchés, éloignés, comme ceux des hôpitaux, des prisons…

Fin des années 90, nous avons introduit en direction du public sourd des visites en langue des signes, en lecture labiale. Puis, plus récemment en langage parlé complété (LPC). Nous avons aussi bien sûr travaillé à destination des personnes en fauteuil roulant. Aujourd’hui, plus de 90% du musée est accessible au public PMR (personne à mobilité réduite).

Mais des contraintes demeurent : nous restons dans du cadre bâti ancien et ne pouvons donc de ce fait tout réaliser en terme d’accessibilité (comme dénaturer un bâtiment classé). Nous cherchons toujours alors des solutions de compensation. C’est la réflexion que nous continuons à mener aujourd’hui, et sans doute pour quelques années encore…

 

Le handicap mental reste-il le parent pauvre de l’accessibilité ?

C’est un public plus difficile à atteindre directement, parce que plus fréquemment en institution. Mais nous avons tenu aussi à mener des actions en direction de ces personnes en situation de handicap mental. Avec ce que nous avons appelé  les « rencontres du handicap mental, cognitif et psychique », nous avons alors développé une politique de sensibilisation, de formation auprès de personnes relais : psy, éducateurs ou autres professionnels du handicap mental, autant de courroie de transmission, relais d’information sur tout ce que le Louvre met en place. Nous organisons également des visites spécifiques en direction de ce public.

 

La démocratisation que vous appelez de vos vœux, dépasse aussi le monde du handicap, notamment par des expositions plus transversales, mêlant les périodes, les expressions d’arts diverses…

Nous sommes en effet un service de « démocratisation culturelle et d’action territoriale ». Toute notre réflexion est pensée en ce sens. Il faut donc voir le mot accessibilité dans son acception la plus large. Nous voulons toucher le public le plus divers. Ici, nous avons des œuvres du Louvre, du Quai Branly, du Centre Pompidou, du musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, de la Cinémathèque. Nous pouvons ainsi aller de la préhistoire à des œuvres contemporaines et travailler, loin de tout ethnocentrisme, sur l’art occidental comme sur des œuvres du Japon ou aborigènes d’Australie.

 

…Voir plus loin encore, sur d’autres planètes, et mettre face à face, comme dans cette exposition, Hercule et Dark Vador ?

Exactement. Dark Vador va attirer un public plus jeune, plus adolescent. Nous l’avons perçu avant même l’ouverture de l’espace : Des gens se prenaient en photo devant l’affiche avec la statue d’Hercule, Dark Vador et le petit Tanuki. Le traitement de cette exposition (graphisme, scénographie, écriture…) est totalement inhabituel au Louvre.

L’expo sur les mythes se terminera en juillet, une autre reprendra en octobre, mais toujours avec cette vocation pédagogique d’éducation artistique et cette même conception universelle. Le thème de la Petite Galerie changera chaque année; l’esprit, lui, perdurera.


Quelles ont été les actions menées avec Action Handicap France (AHF) en matière d’accessibilité ?

Il y a plusieurs années déjà, j’avais travaillé avec Stéphanie Xeuxet, aujourd’hui directrice d’AHF. Elle intervenait alors dans le cadre de la réunion des établissements culturels pour l’accessibilité. Lorsque nous avons créé ici ce nouvel espace, nous le voulions totalement accessible. Nous souhaitions aussi faire valider nos travaux par les utilisateurs eux-mêmes. Il était important pour nous d’entendre par exemple des personnes en situation de handicap nous dire : « Votre idée est super, mais ça ne marchera pas du tout, voilà pourquoi… ». Nous avons alors sollicité AHF dans une démarche « haute qualité d’usage ». AHF a alors étudié nos plans, planché sur la bande de guidage (une première au Louvre), le graphisme… C’est une approche plus concrète que nous aimerions à présent généraliser. C’est ici au Louvre le premier espace aussi polyvalent et complet en terme d’accessibilité !

Propos receuillis par Yann Barte

(1) L’exposition Mythes fondateurs, d’Hercule à Dark Vador est ouverte du 17 octobre 2015 au 4 juillet 2016, tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 17h30 et jusqu’à 21h30 les mercredis et vendredis (Musée du Louvre, aide Richelieu, entrée par le passage Richelieu).

Téléchargez l’application de la Petite Galerie et retrouvez 14 vidéos en Langue des Signes Française et sous-titrées avec Isabelle Voizeux
http://petitegalerie.louvre.fr

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