Retour sur l’expérience à l’Université de Paris-Dauphine

portait de Valerie Derouiche
Valérie Derouiche est correspondante Handicap des personnels de l’Université Paris-Dauphine. Un poste créé en 2011 et rattaché à la Direction des ressources humaines. L’Université compte
aujourd’hui 970 enseignants et administratifs dont une vingtaine en situation de handicap.
« Dans les universités, les référents Handicap pour les personnels sont souvent arrivés dans les années 2010/2011. C’est très récent ».


En quoi votre travail diffère-t-il de celui du Pôle Handicap intégré au service de la vie étudiante ? Quels sont les spécificités de votre public ?

Avant mon arrivée en 2011, le Pôle Handicap de la vie étudiante gérait aussi bien l’accueil et l’accompagnement des étudiants que celui des personnels.
Aujourd’hui les fonctions sont distinctes, même si je travaille en collaboration avec la vie étudiante, notamment pour les actions de sensibilisation. L’accès à la connaissance et les aménagements concernent les deux publics, mais nous ne sommes pas sur les mêmes problématiques. Bien qu’exerçant dans une université, j’évolue dans un contexte de carrière professionnelle (oeuvrant pour le maintien à l’emploi), et non de parcours universitaire.
Outre le recensement, la sensibilisation, la formation… je monte et instruis des dossiers RQTH (1) en liaison avec le médecin de prévention et l’assistante sociale.

Quelle est votre priorité aujourd’hui ?
Notre enjeu, en tant qu’employeur, est d’atteindre l’obligation d’emploi de 6% (loi de 2005). C’est aussi aujourd’hui la principale difficulté de l’enseignement supérieur. Comme nombre d’établissements, nous sommes à Dauphine à un
taux d’emploi faible (1,8%). Nous avons 550 enseignants, mais la majorité des travailleurs reconnus handicapés sont ici des personnels administratifs ou techniques. Professeurs d’université et maîtres de conférence doivent tous atteindre le niveau de doctorat. Plus il y aura d’étudiants en situation de handicap au niveau doctoral, meilleures seront nos possibilités de recrutement. Mon travail est donc en partie fonction de celui, en amont, de ma collègue de la Mission Handicap qui aide ces jeunes à franchir toutes les étapes de sélection pour arriver au niveau doctoral.

Comment se situe Dauphine par rapport aux autres universités parisiennes en matière d’accessibilité ?
Dauphine est un ancien bâtiment de l’OTAN, donc déjà plus accessible que la moyenne des établissements parisiens, avec des accès de plain-pied, un parking, des ascenseurs… C’est une chance ! Nous prévoyons cependant de gros travaux de rénovation sur la période 2017/2020. Les quatre ailes du bâtiments de l’université seront concernés. Toutes les salles seront remises aux normes, le mobilier changé… La taille plus modeste de Dauphine permet aussi un suivi plus personnalisé de ses étudiants comme de ses personnels.

photo des intervenants piece
Débat à l’Université Paris-Dauphine avec Action Handicap France, suite à la pièce de théâtre « Les Deux Timides » d’Eugène Labiche.

Quelles ont été vos actions depuis votre arrivée en 2011 ?
D’abord, m’attaquer aux aménagements de postes de travail et bien sûr, signaler et expliquer ma présence. J’ai donc commencé – et comme chaque année depuis – une campagne de recensement et d’information en interne auprès du personnel via les mails et intranet, à présent via des dépliants.
2012, ce sont les premières actions de sensibilisation avec la Mission Handicap (projection de film, buffet dégustation dans le noir…) dans le cadre de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, baptisée chez nous Cap’ sur Dauphine. 2013, de nouvelles actions : le Dark Lab, une boîte noire disposée dans la cour de l’université pour vivre une expérience sensorielle originale, l’expo “Un OEil sur le handicap”, proposée par les étudiants journalistes de l’IPJ, des ateliers de sensibilisation au handicap auditif, à la langue des signes, la mise en place de la cellule accessibilité, tous services confondus, la pièce de théâtre “Les deux timides” d’Eugène Labiche suivi d’un débat (accessible en LSF) en partenariat avec Stéphanie Xeuxet d’Action Handicap France (AHF). 2014, le Café silence (il s’agissait de chercher un café auprès de personnes sourdes, armés de quelques rudiments de la langue des signes), un spectacle avec la compagnie de danse inclusive Tatoo, des ateliers de sensibilisation aux handicaps psychiques, auditifs, visuels, moteur, avec Action Handicap France. Sensibilisation que nous reconduisons cette année.
Avec AHF, nous travaillerons aussi cette année sur la formation accueil et accompagnement des salariés, notamment sur les aspects managériaux, législatifs…

Les universités (mission handicap et référents personnels) communiquent-elles entre elles sur leurs pratiques ?
Je m’occupe du handicap et de l’action sociale pour les salariés et en région parisienne, nous sommes nombreux à posséder cette double casquette. Les échanges de pratiques entre nous sont fréquents, notamment avec la Fédération nationale de conseil en action sociale pour l’enseignement supérieur et la recherche (FNCAS). Car nous sommes souvent assez isolés dans nos universités respectives. Nous disposons aussi d’outils comme une liste de
diffusion mise en place par un organisme de formation pour les universités, l’Amue (2). Nous pouvons ainsi échanger, poser des questions sur une réglementation, un aménagement… Les référents pour les personnels (en application de la loi de 2005) sont des fonctions encore assez récentes dans les universités. Ils sont principalement arrivés au cours des années 2010/11, alors que nous passions à l’autonomie des universités (« responsabilités et compétences élargies »). Cette autonomie notamment en matière de gestion de la masse salariale a facilité la création de ces nouveaux postes référents.
Les choses vont dans le bon sens…

Article de Yann Barte
(1) Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé
(2) Agence de mutualisation des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
DAUPHINE EN CHIFFRES
8 750 étudiants dont 80 en situation de handicap.
970 personnels dont 550 enseignants (14 personnes reconnues travailleurs handicapés

1 réflexion au sujet de “Retour sur l’expérience à l’Université de Paris-Dauphine

Laisser un commentaire